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Le Problème Spinoza (Littérature)

Détails sur le produit

  • Format : Format Kindle
  • Taille du fichier : 3454 KB
  • Nombre de pages de l’édition imprimée : 544 pages
  • Pagination – ISBN de l’édition imprimée de référence : 2253168688
  • Editeur : Le Livre de Poche (2 mai 2018)
  • Langue : Français
  • ASIN: B07C4QV9Q5

Extrait

AMSTERDAM AVRIL 1656

Tandis que les derniers rayons de lumière ricochent sur les eaux du Zwanenburgwal, Amsterdam ferme boutique. Les teinturiers rassemblent leurs étoffes-magenta, cramoisies-qui sèchent sur les berges de pierre du canal. Les marchands remontent leurs auvents et remballent leurs étals. Quelques travailleurs qui rentrent chez eux d’un pas pesant font une halte dans les baraques à hareng qui longent le canal. Ils y avalent un repas sommaire accompagné de gin avant de poursuivre leur chemin. Amsterdam se meut lentement : la ville est en deuil, elle se remet à peine de la peste qui, seulement quelques mois plus tôt, a tué un habitant sur neuf.
A quelques mètres du canal, au 4 de la Breestraat, un Rembrandt van Rijn ruiné et légèrement éméché met la dernière touche à son tableau Jacob bénissant les fils de Joseph, il y inscrit son nom en bas à droite, jette sa palette à terre, et descend l’étroit escalier en colimaçon qui se trouve derrière lui. La maison, qui trois siècles plus tard le commémorera en devenant son musée, est ce jour-là témoin de son humiliation. Elle grouille des futurs enchérisseurs qui se préparent pour la vente de tous les biens de l’artiste. Il écarte avec rudesse les badauds présents dans l’escalier, passe la porte d’entrée, hume l’air iodé, et se dirige en trébuchant vers la taverne du coin.
A Delft, soixante-dix kilomètres au sud, un autre artiste commence, lui, à connaître le succès. À vingt-trois ans, Johannes Vermeer pose un ultime regard sur sa dernière toile, L’Entremetteuse. Il l’examine de droite à gauche. D’abord la prostituée dans une jaquette au jaune éclatant. Bien. Bien. Le jaune irradie comme un soleil lustré. Et le groupe d’hommes qui l’entoure. Excellent-chacun d’eux pourrait tout à fait sortir de la toile et entamer ici une conversation. Il se penche pour saisir au plus près l’imperceptible mais perçant regard du jeune sybarite au chapeau de dandy. Vermeer hoche la tête devant ce moi en miniature. Parfaitement satisfait, il inscrit son nom avec panache en bas à droite de la toile.
Revenons à Amsterdam. Au numéro 57 de la Breestraat, à deux rues seulement de la maison de Rembrandt où se prépare la vente aux enchères, un marchand de vingt-trois ans (né quelques jours à peine avant Vermeer, qu’il admirera mais ne rencontrera jamais) s’apprête à fermer sa boutique. Il semble bien délicat et bien gracieux pour un boutiquier. Ses traits sont parfaits, il a un teint d’olive sans défaut, de grands yeux sombres et expressifs.
Il jette un ultime regard autour de lui : la plupart des étagères sont aussi vides que ses poches. Des pirates ont intercepté sa dernière cargaison en provenance de Bahia et il n’y a plus ni café, ni sucre, ni cacao. Une génération durant, la famille Spinoza a dirigé une affaire prospère de négoce en gros avec de lointains pays mais aujourd’hui les frères Spinoza – Gabriel et Bento – en sont réduits à tenir un petit magasin de détail. Inspirant l’air poussiéreux, Bento Spinoza découvre avec résignation les déjections de rat à l’odeur fétide mêlée à celle des figues et des raisins secs, du gingembre confit, des amandes et des pois chiches, comme aux vapeurs de l’acre vin d’Espagne. Il franchit le pas de la porte et entame son combat quotidien avec le cadenas rouillé qui ferme la boutique. Une voix inconnue s’exprimant dans un portugais guindé le fait sursauter.
«Êtes-vous Bento Spinoza ?»

Revue de presse

Le psychiatre et romancier américain Irvin Yalom entrelace les époques et les vies du philosophe Baruch Spinoza et de l’idéologue nazi Alfred Rosenberg…
Le «problème Spinoza» est le suivant : «Rosenberg déteste les juifs, mais adore le poète allemand Goethe qui lui-même considère Spinoza comme un génie. Comment est-ce possible ?» Le rythme soutenu du récit, la vivacité des dialogues, l’érudition d’Irvin Yalom, la plongée dans la société néerlandaise du XVIIe siècle et les grands bouleversements de l’Europe du XXe font de cet ouvrage un véritable régal. Certes, l’auteur prend des libertés avec l’Histoire – il s’agit avant tout d’un roman – et nombre de ses personnages sont fictifs : c’est notamment le cas du «thérapeute» de Rosenberg confronté à un terrible dilemme : «Doit-il guérir son patient pour lequel il n’a que mépris, et prendre ainsi le risque qu’il devienne un nazi plus efficace ?», interroge Irvin Yalom. Derrière le romancier, cherchez le thérapeute… il n’est jamais loin. Et c’est savoureux. (Marie Auffret-Pericone – La Croix du 27 juin 2012 )

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